Saint Jurs Infos n°2 – Réaction

Suite à la parution du journal, d’aucuns m’ont fait remarquer qu’était utilisé, dans ces bulletins, un ton méprisant pour les conseillers municipaux. Je suis désolée que les comptes -rendus du conseil municipal aient été ressentis de la sorte car tel n’était pas mon propos. A franchement parler je trouve que leur tâche est ingrate.

Quand je décris la tenue de cette réunion, je ne fais qu’observer. Or, c’est vrai qu’en l’espèce, le mutisme, le manque d’échange et l’attitude studieuse, le nez sur les documents m’ont semblé de nature à être relevé. Certes, ma perception est subjective par essence mais je me suis appuyée sur ma longue pratique : habituée à couvrir ce type d’événement, j’ai rarement vu une telle expression de la démocratie. Vu la chape de plomb qui s’abat immanquablement sur tout ce qui se passe dans l’exercice du pouvoir municipal, comment informer la population sur ce que disent et font en arrière-plan nos conseillers municipaux surtout quand ils ne s’expriment pas lors de la seule séance publique régulière ? Sans compter que pour avoir accès aux documents en mairie nous avons dû tout photographier puis décrypter à posteriori car toute photocopie est refusée.

D’autres font valoir que les sujets traités sont répétitifs. Sûrement mais, aujourd’hui, deux dossiers brûlants sont sur la table et absorbent toute notre énergie. Le reste, attendra. Nous n’avons ni l’énergie, ni les moyens de traiter la globalité des problèmes qui se présentent.

S’agissant du ton employé, c’est le mien, depuis toujours. C’est un mélange de dérision et de distance car, au fond, que valent ces péripéties face au drame que peut être la vie. Cette dernière n’est vivable qu’à condition d’en rire le plus souvent et d’utiliser l’humour comme une soupape de sûreté. Si mon ton est ressenti comme agressif n’est-ce pas parce que je dis tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

Je n’attends rien, je ne veux rien, juste mettre ma pierre à l’édifice pour que ce village soit plus léger, plus gai, plus conforme à ce qu’on est en droit d’attendre d’une communauté rurale. Pourquoi un journal ? Parce que c’est la seule chose que je sais faire et qu’il y avait une vraie attente de la population. Si mépris il y a c’est bien sur ce point dans la mesure où nous ne sommes pas des bœufs ! En mettant son bulletin dans l’urne, tout citoyen est en droit d’avoir un retour. Les élus n’ont après tout qu’une délégation accordée par l’ensemble de la population. Sans les citoyens, ils ne sont rien.

L’idéalisme n’est pas non plus absent : vivre en démocratie se mérite et ne rien faire c’est renier son idéal. Mon action ne vise aucune individualité mais un système dans sa globalité. A la veille d’un grand rendez-vous, c’est le moment où jamais de donner un signal fort à ceux qui vont prendre la relève quels qu’ils soient : nous voulons être traités comme des citoyens à part entière, nous voulons être associés à la gestion communale, nous voulons être écoutés, respectés et… entendus.

Je signale aux lecteurs de Saint-Jurs Infos qu’il n’y aura pas de bulletin durant les mois qui précèdent l’élection municipale. Il ne nous appartient pas d’avoir des projets, de dessiner ce que sera le futur. Aux candidats à s’y coller ; à chacun sa tâche.

Nadine Ehrmann

 

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